Semaine de l’unité des chrétiens du 18 au 25 janvier

Semaine de l’unité des chrétiens

du 18 au 25 janvier

« Ils nous ont témoigné
une humanité peu ordinaire »
(Actes 28,2)

 

Chaque fin janvier a lieu la semaine de prière pour l’unité des chrétiens. Elle est préparée cette année par les chrétiens de Malte sur le thème « Ils nous ont témoigné une humanité peu ordinaire » (Ac 28,2) à propos de l’accueil reçu par Paul de Tarse après son naufrage à Malte. Ce feuillet de prière reprend et commente ainsi à plusieurs voix, verset par verset, le texte des Actes des Apôtres correspondant du 18 au 25 janvier 2020.

Pour l’Aveyron, voici le programme de cette semaine de l’unité : BASSIN

• Capdenac-gare, ND des voyageurs : dim.9 fév. 10h30 messe et prédication du pasteur Luc Serrano (EPUF) MILLAVOIS

• Lieu à fixer (église St Martin ou chapelle des clarisses) : jeu. 23 jan. 18h30 célébration œcuménique puis repas partagé RIGNAC

• Lanuejouls : sam. 18 jan. 17h messe avec commentaire biblique par Jean-Claude Lepinat (EPUF). RUTHÉNOIS

• église St Amans : dim. 19 jan. 10h30 messe avec prédication par le pasteur Luc Serrano (EPUF) SAINT AFFRICAIN

• rencontre œcuménique (à préciser) VILLEF RANCHOIS

• Chapelle de la Ste Famille : lun. 20 jan. 20h célébration œcuménique

Chacun peut s’associer à la prière pour l’unité des chrétiens, avec ce feuillet œcuménique, pliable en 5. que vous pouvez imprimer
http://bit.ly/2020-unite

ou le lire sur le site

Samedi 18 Janvier

Le lendemain, comme nous étions toujours violemment secoués par la tempête, on jetait du fret, et le troisième jour, de leurs propres mains les matelots ont affalé le gréement. (Ac 27,18-19)

Peu avant la tempête qui motive ces gestes désespérés, Paul avait averti ses compagnons du danger de naviguer en cette saison, à l’automne, après le jour du grand pardon (Ac 27, 9-10). Une compétence marine dont témoigne le vocabulaire choisi : une concordance – i.e. une recension des occurrences de chaque mot de la Bible – montre que les mots ‘violemment’, ‘secoués’, ‘de leurs propres mains’, ‘affalé’, ‘gréement’ n’apparaissent qu’ici dans tout le Nouveau Testament. Cet usage des talents humains dans le discernement de ce qu’il faut faire, puis cette confiance en la providence au cours des événements, même quand ils ne correspondent pas à ce qui était visé, tout cela illustre la “formule ignatienne de l’action” : « Aie foi en Dieu comme si le succès de ce que tu entreprends ne dépendait que de toi. Et cependant, agis en tout comme si Dieu devait tout faire, et toi rien. » (Hevenesi 1705).

Seigneur Jésus-Christ, tu as pris au sérieux la condition humaine et la nécessité d’acquérir des compétences, de développer ses talents, de bien user de la raison… Donnenous de tout mettre au service de la justice et de la paix, pour la gloire de Dieu et le salut du monde.

père Raphaël BUI Eglise Catholique (Capdenac-gare & Toulouse)

Dimanche 19 janvier

Ni le soleil, ni les étoiles ne se montraient depuis plusieurs jours (…) Tout espoir d’être sauvés nous échappait désormais. (Ac 27,20)

La situation ne cesse pas de s’aggraver.
Durant plusieurs jours “ni le soleil ni les astres ne se montrent plus”, nous dit le texte des Actes ; autrement dit, il est désormais impossible de s’orienter avec quelque certitude. On sent bien qu’alors l’angoisse de l’équipage et des passagers est devenue un profond désespoir. Ils ne veulent même plus s’alimenter. Au milieu de cette tempête et du chaos qu’elle crée, Paul est le seul à avoir conservé tout son courage et toute sa présence d’esprit – comme le Christ dans le récit dit de “la tempête apaisée” des Évangiles : fort d’une promesse de Dieu, il va fortifier ses compagnons et au bout du compte le prisonnier deviendra un libérateur !

“Saisis de vertige, ils chancelaient comme un homme ivre, Et toute leur habileté était anéantie. Dans leur détresse, ils crièrent à l’Éternel, et il les délivra de leurs angoisses ; Il arrêta la tempête, ramena le calme, Et les ondes se turent.” Psaume 107:27-29
pasteur Luc SERRANO
Chargé de mission sur le Rouergue
Eglise Protestante Unie de France Rodez

Lundi 20 janvier

Je vous invite à garder courage : car aucun d’entre vous n’y laissera la vie ; seul le bateau sera perdu. (Ac 27,22)

Ces hommes ne connaissaient pas l’importance de ce prisonnier qui
allait à Rome comme serviteur de Dieu et non comme malfaiteur ;
ils ne pensaient pas que sa parole eût la valeur de la parole de Dieu,
car il leur parlait de sa part. Ils l’apprirent plus tard. Quand l’homme
est à bout de ressources, parce qu’il n’a pas écouté la voix de la
sagesse, Dieu peut toujours intervenir. La vie de l’équipage et des
passagers était entre ses mains et tout particulièrement son serviteur Paul qu’il envoyait à Rome. C’est lui qui sera écouté, maintenant que la sagesse de ceux auxquels le centurion se fiait “est venu à néant” Ps.107:27. De tous ceux qui se trouvaient à bord, aucun ne pensait qu’au milieu d’eux se trouvait un homme en relation avec Dieu. Insignifiant comme un prisonnier
pouvait l’être, c’est de lui que tous dépendaient. Quel contraste avec
Jonas aussi serviteur de Dieu au milieu d’une tempête sans plus
d’espoir de sauver le navire. Le salut commun dépendait aussi de lui qui fuyait la volonté de Dieu. Ayant désobéi, il comprend qu’il
est la cause de cette tempête. Paul au contraire, était dans le chemin
de Dieu, envoyé à Rome pour rendre témoignage devant l’Empereur
et les grands de ce monde. De tels faits nous font voir que ce qui importe pour un serviteur de Dieu, comme pour tout croyant, c’est
d’obéir dès que l’on connaît la volonté de Dieu
pasteurs S. KOSA & J.E. TEFERI
Eglise Protestante de Millau
(Millau)

Mardi 21 janvier

Courage donc, mes amis ! Je fais confiance à Dieu : il en sera comme il m’a dit. (Ac 27,25)

Courage ! Une proposition en décalage complet avec l’ambiance générale sur le bateau. Une fois de plus cette situation nous interpelle quand nous regardons notre société humaine  contemporaine. L’Église ne peut se taire face aux nombreux défis que rencontrent nos concitoyens. Plus le renoncement gagne du terrain, plus notre voix doit porter le message : Dieu n’a pas renoncé à nous venir en aide. Ce cri d’espérance passe obligatoirement par une attitude que certains appellent la foi mais qui peut
s’exprimer par ce cri du cœur : « faire confiance à Dieu ». Ce
n’est pas la voie majoritaire et facile mais c’est assurément un chemin de découverte et de remise en cause ; dans cette direction nous  ne sommes pas au bout de nos surprises. Saint Paul peut  affirmer que Dieu tient parole. Il n’a rien d’une girouette pour changer d’avis. Après plus de vingt siècles, les promesses de sa présence et de sa compassion à notre égard sont toujours  ’actualité.

Dieu d’espérance, permets-nous d’être les témoins de ta présence
dans nos désespoirs. Indique-nous le chemin intelligent qui s’appuie
sur tes promesses de soutien et de compréhension de nos faiblesses.
Aide-nous à vivre un message de conviction dans la maîtrise de Dieu
sur nos vies que nous lui confions.

pasteur Michel FOREY Église Évangélique Assemblées de Dieu
(Villefranche de Rouergue)

Mercredi 22 janvier

Il (Paul) a pris du pain, a rendu grâce à Dieu en présence de tous, l’a rompu et s’est mis à manger. Tous alors, reprenant courage, se sont alimentés à leur tour. (Ac 27,35-36)

Le danger, matériel, humain, n’est pas encore écarté ; le naufrage, bien qu’inéluctable, n’a pas encore eu lieu ; mais il devait y avoir
une accalmie suffisante pour que Paul exhorte les autres, privés de
nourriture depuis quinze jours, à se sustenter. Il s’y prend d’une façon qui devait surprendre ses compagnons de voyage : dans un témoignage public, « il prit le pain, rendit grâce à Dieu… le rompit et
se mit à manger », suivi de tous. Cet acte touche profondément ma
sensibilité œcuménique : le geste vertical où il rend grâce à Dieu, rappelant l’Eucharistie, et le geste horizontal du partage du pain, rappelant la Cène. Nous sommes si proches les uns des autres. Autre
détail plein de sens : tous, en s’alimentant, reprennent courage : on assiste à l’effet roboratif de l’Eucharistie/Cène, parfaitement exprimé dans l’hymne de St Thomas d’Aquin, « O Salutaris Hostia
», chantée entre autres à la Cathédrale de Rodez en 1638, et encore
mise en musique de nos jours (E. Esenvalds 2009).

Seigneur, fais que nous comprenions que ton amour pour tous tes
enfants transcende nos différences, et suscite en nous une curiosité et un désir de connaître fraternellement nos frères et sœurs chrétiens.

Christine CLARKE d’origine Méthodiste (Capdenac-gare)

Jeudi 23 janvier

Les autochtones nous ont témoigné une humanité peu
ordinaire. Allumant en effet un grand feu, ils nous en ont
tous fait approcher, car la pluie s’était mise à tomber
(…) Publius nous a accueillis et hébergés amicalement pendant
trois jours. (Ac 28,2-7)

Les Maltais étaient étrangers à la langue et à la culture des naufragés, des “barbares”. De fait, la rencontre se fait non au niveau
d’un échange de paroles mais au niveau de gestes élémentaires. Les
autochtones posent simplement un de ces gestes fondamentaux qui
permettent à la vie de continuer et à une relation de s’établir. Ici il
s’agit de réchauffer des gens qui sont transis de froid et de pluie.
Ainsi, de ces « barbares » maltais qu’il n’était pas préparé à rencontrer, Paul reçoit un double don : il reçoit la bonne chaleur du feu dans son corps transis, et il découvre en même temps les richesses d’humanité de ces îliens pour lui obscurs.
Parfois le besoin matériel ou la détresse psychique préservent le
messager de l’Évangile de l’arrogance de celui qui a la vérité et qui
ne chercherait qu’à être écouté et qu’à donner ; autrement dit, comme beaucoup de missionnaires l’ont vécu, c’est celui qui vient
pour donner qui reçoit. « La confiance excessive en leurs forces en empêche beaucoup d’être forts, seuls sont solides ceux qui ont conscience de leur faiblesse ».
Saint Augustin.

pasteur Luc SERRANO Eglise Protestante Unie de France
(Rodez)

Vendredi 24 janvier

(une vipère s’accrocha à la main de Paul). A la vue de cet animal (…) les autochtones se disaient les uns aux autres : “Cet homme est certainement un assassin” ; (…) Paul, en réalité, secoua la bête dans le feu sans ressentir le moindre mal. (…) Changeant alors d’avis, ils répétaient : “C’est un dieu !”
(Ac 28,4-6)

Dieu a mis des sentiments d’humanité dans le coeur des païens de
Malte. Ils accueillent et réconfortent les naufragés. Au milieu de
ceux-ci le Seigneur se plaît à faire reconnaître son serviteur par un
miracle. L’apôtre ayant ramassé du bois pour le feu, est mordu par
une vipère et n’en subit aucun mal. C’était un des signes qui devaient
“accompagner” les disciples. Dieu permit cette circonstance pour signaler son serviteur parmi les prisonniers avec lui. Autre signe :
l’imposition des mains aux malades pour les guérir. La bienveillance
des autochtones trouve vite sa récompense. Tous les malades de
l’île, à commencer par le père de Publius, sont guéris par la puissance
de Dieu. Merveilleuse conséquence de ce naufrage, Dieu délivre
les hommes des conséquences du péché : Satan vaincu, représenté
par le serpent jeté dans le feu, et les malades guéris.

Apprends-moi Seigneur à accepter d’une âme sereine, l’imprévisible de la journée et de croire que rien n’arrive que ce ne soit avec ton agrément.

Olympe ARETIS Eglise Grecque Orthodoxe (Capdenac-gare)

Samedi 25 janvier

Tous les autres habitants de l’île qui étaient malades venaient le trouver, et ils étaient guéris à leur tour. Ils nous ont donné de multiples marques d’honneur et, quand nous avons pris la mer, ils avaient pourvu à nos besoins.
(Ac 28,9-10)

Les conséquences du message de l’Évangile peuvent provoquer des
démarches collectives mais une demande personnelle est nécessaire
pour expérimenter son impact. Seuls les malades qui sont venus
voir les apôtres ont été guéris. Le sentiment de reconnaissance prédomine dans l’attitude des habitants de l’île et montre que les effets du message évangélique sont de nature à transformer le comportement d’êtres humains qui ne se connaissaient pas avant l’arrivée des naufragés. Les habitants de l’île de Malte nous rappellent que toutes les manifestations de l’amour de Dieu nous invitent à deux axes de reconnaissance : – envers Dieu lui-même pour sa volonté de bénédiction ; – envers les instruments que Dieu
choisit pour nous communiquer cette bénédiction.

Dieu fidèle, nous reconnaissons l’intérêt d’une expérience personnelle pour  comprendre tes intentions à notre égard. Apprends-nous le chemin de reconnaissance et d’amour envers tous ceux qui nous entourent. Donne à chacun d’apprécier justement la valeur de ceux qui portent ton message..

pasteur Emmanuel BOHUI Église Évangélique Assemblées de Dieu
(Rodez, Villefranche