Homélie du père Jean-Luc Barrié :
Dans sa parabole Jésus dit « quand viendra celui qui t’a invité, il te dira : ‘Mon ami, avance plus haut’, et ce sera pour toi un honneur aux yeux de tous ceux qui seront à la table avec toi. » Mes sœurs, vous qui vivez humblement caché au fond de la vallée de la Boralde nous sommes très heureux de vous accueillir et surtout de vous donner la première place. Notre paroisse porte le nom de votre fondateur parce que vous vivez sur son territoire mais surtout pour exprimer la place importante que vous y tenez. Sans votre prière la paroisse ne serait pas ce qu’elle est, et aujourd’hui nous sommes profondément heureux de célébrer avec vous les 150 ans de cette présence.
La prière d’entrée de la fête de St Bernard dit « Seigneur, Dieu, tu as voulu que le saint abbé Bernard, dévoré par l’amour de ta maison, soit dans ton Eglise une lampe qui éclaire et qui brule … »
Pour notre paroisse vous êtes une lampe qui éclaire et qui brule, qui brule d’amour. Par votre prière et votre écoute de la Parole de Dieu, vous rayonnez de la lumière divine, vous nous permettez de voir le chemin qui conduit à la sainteté, le chemin de la rencontre amoureuse de Dieu qui conduit à la vie éternelle. Votre vie de prière incessante est un appel permanent à donner nous aussi du temps au Seigneur, pour l’écouter et lui parler comme à un ami, nous laisser aimer par lui et apprendre ainsi à aimer comme lui.
Et j’ai l’intime conviction que c’est votre prière qui permet à l’œuvre missionnaire de la paroisse de porter du fruit.
La grande humilité, simplicité de votre vie est pour nous une flamme qui brille dans la nuit à la course à l’avoir, au pouvoir ou aux gloires éphémères de ce monde. La flamme d’une veilleuse qui nous invite à fuir les aveuglantes lumières des faux semblants de ce monde pour nous focaliser sur une vie de partage, de don de soi, d’un recentrage de nos désirs sur le désir unique et essentiel, celui de Dieu et du bonheur qu’il veut pour nous.
Vous nous rappelez que nous ne devons pas compter que sur nos propres forces mais bien de nous en remettre à Dieu et lui laisser l’espace et le temps d’agir en nous, à travers nous, par nos frères et sœurs et même par lui-même comme il l’entend.
Vous nous invitez à adopter votre pauvreté de cœur, votre abandon dans les mains du Seigneur.
Votre vie communautaire est pour nous une lumière qui nous invite a toujours veiller à ne pas quitter des yeux l’unité de notre Eglise et de notre paroisse. Vivre au quotidien dans la fraternité et l’amour mutuel malgré nos différentes sensibilités, nos richesses et nos faiblesses, nos petites manies et nos grandes idées, ce n’est pas simple au cœur d’un monastère, cela ne l’est pas non plus dans une paroisse, mais vous nous démontrez en toute humilité que ce n’est pas une utopie mais un projet réalisable avec l’aide de Dieu si l’on accepte de toujours le mettre au centre de tout ce qui fait notre vie.
Ben Sira le Sage, dans la première lecture, nous dit que les humbles rendent gloire à Dieu. Je crois qu’ils le font simplement par leur humilité qui seule rend gloire à la grandeur de Dieu. Votre vocation, votre prière, votre simplicité de vie, votre vie communautaire, et l’accueil que vous nous réservez à chaque visite rendent gloire à Dieu et nous voulons aujourd’hui lui rendre gloire nous aussi pour vous et votre présence qui est lumière brulante d’amour.
Merci mes sœurs pour ce que vous êtes et ce que vous faites pour nous. La paroisse a besoin de vous, nous comptons sur vous, sur votre prière et vous redisons toute notre amitié en ce jour de fête.