Homélie du père Jean-Luc Barrié :
En méditant cet évangile m’est venu à l’esprit ces jeunes de 25-35 ans qui ont quitté la ville et un travail bien rémunéré, correspondants à leurs diplômes, pour venir s’installer chez nous et s’investir dans le travail de la terre ou dans l’artisanat. Ils expliquent que leur emploi précédent ne les satisfaisait pas, qu’ils n’y trouvaient pas de sens pour leur vie et qu’aujourd’hui au contraire, même si les conditions sont plus rudes, ils sont en accord avec leurs valeurs et ont trouvé sens à ce qu’ils vivent. La génération montante est en quête de sens, de vérité, d’accord entre ce qu’ils pensent bon pour eux et pour les autres et ce qui leur permet de vivre, ce en quoi ils investissent leur intelligence et leur force.
L’homme de la parabole que nous raconte Jésus commet l’erreur de se tromper de sens. Il pense que son trésor, ce qui donne sens à sa vie, c’est l’accumulation de biens au profit de son propre plaisir. « Te voilà donc avec de nombreux biens à ta disposition, pour de nombreuses années. Repose-toi, mange, bois, jouis de l’existence. » se dit-il.
Jésus ne lui reproche pas de travailler pour faire des économies, ni de mettre sa famille à l’abri du besoin. Non, il lui reproche de penser que sa sécurité, son avenir, son bonheur, que son trésor est son avoir, sa richesse matérielle et de vouloir en profiter seul, en jouir égoïstement.
« Voilà ce qui arrive à celui qui amasse pour lui-même, au lieu d’être riche en vue de Dieu. »
La vraie richesse, le trésor qui ne péri pas, que l’on ne perd pas en mourant, c’est le trésor qui est éternel parce qu’il est en Dieu. Quel est donc ce trésor ? C’est celui que l’on constitue par le don de soi.
Quelqu’un a dit « au ciel nous serons riche, non pas de ce que nous aurons accumulés, mais de ce que nous aurons donné. » C’est cela je crois « être riche en vue de Dieu »
St Paul nous l’a dit aussi à sa manière dans la deuxième lecture « Faites donc mourir en vous ce qui n’appartient qu’à la terre : débauche, impureté, passion, désir mauvais, et cette soif de posséder, qui est une idolâtrie. »
Je pense qu’il est important pour nous de nous laisser questionner par Jésus à savoir : quel est notre trésor ? Quel sens donnons-nous à notre vie ? Quelle cohérence entre nos valeurs et nos actes, nos engagements ? Pour qui et pourquoi faisons nous tous ses efforts ?
Le vrai bonheur n’est pas dans l’accumulation de biens, même si cela peut sembler nous sécuriser, en fait nous n’en aurons jamais assez. Le vrai bonheur, le vrai trésor de notre vie, se trouve dans l’harmonie. Harmonie entre notre foi et notre vie, entre nos valeurs et nos actes, entre nos pensées et nos paroles.
Notre bonheur est dans le bien et dans le don de nous même.
Souvenons-nous : « au ciel nous serons riche, non pas de ce que nous aurons accumulés, mais de ce que nous aurons donné. »
Que Dieu nous guide et nous aide à ne pas nous tromper de trésor.