Dans sa parabole Jésus dit « quand viendra celui qui t’a invité, il te dira : ‘Mon ami, avance plus haut’, et ce sera pour toi un honneur aux yeux de tous ceux qui seront à la table avec toi. » Mes sœurs, vous qui vivez humblement caché au fond de la vallée de la Boralde nous sommes très heureux de vous accueillir et surtout de vous donner la première place. Notre paroisse porte le nom de votre fondateur parce que vous vivez sur son territoire mais surtout pour exprimer la place importante que vous y tenez. Sans votre prière la paroisse ne serait pas ce qu’elle est, et aujourd’hui nous sommes profondément heureux de célébrer avec vous les 150 ans de cette présence.
La prière d’entrée de la fête de St Bernard dit « Seigneur, Dieu, tu as voulu que le saint abbé Bernard, dévoré par l’amour de ta maison, soit dans ton Eglise une lampe qui éclaire et qui brule … »
Pour notre paroisse vous êtes une lampe qui éclaire et qui brule, qui brule d’amour. Par votre prière et votre écoute de la Parole de Dieu, vous rayonnez de la lumière divine, vous nous permettez de voir le chemin qui conduit à la sainteté, le chemin de la rencontre amoureuse de Dieu qui conduit à la vie éternelle. Votre vie de prière incessante est un appel permanent à donner nous aussi du temps au Seigneur, pour l’écouter et lui parler comme à un ami, nous laisser aimer par lui et apprendre ainsi à aimer comme lui.
Et j’ai l’intime conviction que c’est votre prière qui permet à l’œuvre missionnaire de la paroisse de porter du fruit.
Jésus nous offre aujourd’hui une parabole bien étrange pour nous avec cette histoire de porte étroite qui se ferme et laisse du monde dehors. Des personnes qui frappent pour qu’on leur ouvre et qui ont des arguments de poids : « Nous avons mangé et bu en ta présence, et tu as enseigné sur nos places. » mais un maitre de maison intraitable qui leur dit ne pas les connaitre et enfin l’annonce qu’ils vont voir arriver des personnes venues de l’orient et de l’occident, du nord et du sud, et qui eux pourront prendre part au festin dans le royaume de Dieu. L’explication se trouve probablement dans la dernière phrase « Oui, il y a des derniers qui seront premiers, et des premiers qui derniers. »
Jésus s’adresse à ses frères de confession juive. Ils sont le peuple élu, les premiers à avoir eu la révélation du Dieu unique, nos pères dans la foi. Mais Jésus leur dit aujourd’hui qu’il ne suffit pas d’être fils d Abraham, Isaac et de Jacob, ou descendants des prophètes pour être sauvé, pour avoir part à la vie éternelle. Il faut passer la porte étroite qui est sans aucun doute celle de l’amour à l’image de celui que Jésus est venu nous révéler, un amour à l’image de celui de Dieu. Et tous ceux qui essaient d’emprunter cette porte étroite de l’amour, don de soi pour les autres, peuvent être sauvés, même s’ils ne sont pas de religion juive, membre du peuple juif.
Jésus annonce là le salut universel pour tous ceux qui essaient, en conscience, de vivre cet amour, cette miséricorde qui nous vient de lui.
« Pensez-vous que je sois venu mettre la paix sur la terre ? Non, je vous le dis, mais bien plutôt la division. »
Qu’elle étrange parole de Jésus ! Lui que nous célébrons comme le Prince de la paix, lui dont toutes les paroles appellent à la paix et à la réconciliation, lui qui à l’heure de son arrestation dira « Rentre ton épée, car tous ceux qui prennent l’épée périront par l’épée. », lui qui nous invite à une unité à l’image de la sienne avec son Père, comment peut-il dire être venu amener la division ?
Je crois que Jésus ne parle pas ici des raisons de sa venue mais des conséquences de sa mission.
Il est venu nous révéler l’amour infini de Dieu, la tendresse du Père, son désir de nous voir tous réunis dans sa vie divine de paix et de gloire. Il est venu nous apprendre l’amour du prochain et le don de soi par amour. Mais tout cela peut provoquer des réactions négatives, du rejet, de la peur, de l’exclusion et même de la violence, en témoigne sa mort sur la croix et les vies données par les martyrs dès les débuts de l’Eglise, au cours des siècles et jusqu’à aujourd’hui.
Une des réponse à notre question pourrait se trouver dans la phrase de Jésus : « Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé ! »
Quel est donc ce feu, si ce n’est celui de l’amour, de la passion amoureuse.
En méditant cet évangile m’est venu à l’esprit ces jeunes de 25-35 ans qui ont quitté la ville et un travail bien rémunéré, correspondants à leurs diplômes, pour venir s’installer chez nous et s’investir dans le travail de la terre ou dans l’artisanat. Ils expliquent que leur emploi précédent ne les satisfaisait pas, qu’ils n’y trouvaient pas de sens pour leur vie et qu’aujourd’hui au contraire, même si les conditions sont plus rudes, ils sont en accord avec leurs valeurs et ont trouvé sens à ce qu’ils vivent. La génération montante est en quête de sens, de vérité, d’accord entre ce qu’ils pensent bon pour eux et pour les autres et ce qui leur permet de vivre, ce en quoi ils investissent leur intelligence et leur force.
Peut-être avons-nous mauvaise conscience sur le fait que notre prière se résume bien souvent à des prières de demande. Est-ce bien normal de ne s’adresser à Dieu que pour lui présenter nos demandes ?
Jésus ne nous décourage pas de demander bien au contraire il nous y encourage.
« Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira.»
Oui mais voilà, qui n’a jamais eu le sentiment que sa demande n’a pas été exaucée, que ce qui avait été demandé avec foi et insistance n’a pas été accordé ?
De fait nos demandes ne sont pas toujours exaucées, en tout cas pas au moment et de la manière que nous attendions. C’est souvent après, parfois longtemps après, que l’on découvre que Dieu a répondu à notre demande mais d’une autre manière, à un autre moment que ce que nous avions désiré.
Jésus répond à la demande de ses disciple « Seigneur, apprends nous à prier » en leur donnant le Notre Père. C’est sa prière personnelle, sa prière à lui qu’il nous offre. C’est son intimité avec Dieu dans laquelle il nous invite à entrer.
Saint Chély : Salgues, Condom d’Aubrac, Bonnefon. , Saint Côme d’Olt : Castelnau de Mandailles, Lassouts. Espalion : Saint Pierre de Bessuejouls, le Monastère,Coubisou, Vinnac, Le Cayrol, Anglars . Estaing : Sébrazac, Trèdou, Saint Geniez des Ers, Le Nayrac