Quelques réflexions nées …de ces temps difficiles que nous vivons…

Chers Paroissiens

Ça y est, petit à petit, nous pouvons nous retrouver dans une situation ‘normale’, et nous rassembler pour vivre ensemble l’Eucharistie. Le nombre autorisé est encore restreint mais nous avons espoir qu’il s’élargisse. Ceci est donc, j’espère, la dernière lettre de confinement. Et je voudrais à cette occasion vous partager quelques réflexions nées de ma relecture de ces temps difficiles que nous vivons.

La première est que nous sommes dépendants et responsables les uns des autres. Je porte le masque même si je n’ai pas peur du virus, même si cela me gène, simplement pour éviter de contaminer les autres. Même chose avec les distanciations et le respect du confinement. Cela parait simple et pourtant c’est essentiel, c’est la base de toute vie sociale et à fortiori ecclésiale. Je ne peux plus penser qu’à moi, nous sommes interdépendants, ce que je fais a un impact sur ce que vit mon frère, ma sœur en humanité. Et ceci est vrai pour tous les domaines de mon existence, ma manière de consommer, de conduire ma voiture, de ce que je dis, ce que je diffuse sur internet, ma façon d’être en Église….

La deuxième réflexion est que je ne peux plus penser que mon désir, aussi légitime soit-il, est premier sur le bien commun. Notre société  consumériste et libérale nous pousse à vouloir que chacun de nos désirs soient immédiatement assouvis, car ils nous paraissent  légitimes et essentiels puisqu’ils sont les nôtres !

Comme l’écrit notre pape François dans son Encyclique Fratelli  tutti « La simple somme des intérêts individuels n’est pas capable de créer un monde meilleur pour toute l’humanité… L’individualisme radical est le virus le plus difficile à vaincre. » N° 74. Ce qui doit conduire mes choix, même et surtout ecclésiaux et spirituels, c’est le bien commun, c’est le monde meilleur, le Royaume de Dieu.

La troisième réflexion est, comme je l’ai déjà écrit, qu’il n’y a pas une manière unique de communier au corps du Christ, qui serait la communion Eucharistique, aussi importante soit-elle, il a la communion au frères « chaque fois que vous l’avez fait à l’un de  ces plus petit, c’est à moi que vous l’avez fait »Mt 27, communion au Christ dans la lecture priée de sa Parole, « l’Évangile c’est le corps de Jésus » écrit St Jérôme,  communion dans la prière, dans ce cœur à cœur avec Lui qui nous est si précieux.

La quatrième réflexion concerne l’Église. En ce temps de confinement, avec tout ce que nous avons vu et entendu dans les médias et réseaux sociaux, c’est affermi en moi l’amour et  la foi en une Église vraiment chrétienne et catholique c’est-à-dire ouverte à tous et à l’école de l’Évangile, l’Église du Concile Vatican II et en particulier de la constitution « Gaudium et spes » sur l’Église dans le monde de ce temps. C’est une Église qui ne se situe pas face au monde comme une forteresse assiégée et « persécutée », mais une Église qui est dans le monde sans être du monde, qui est ouverte et à l’écoute du monde, qui est solidaire des hommes et femmes de ce temps. « Il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve échos dans son cœur » GS1. Une Église qui se vit en dialogue avec le monde, qui « scrute les signes des temps »GS4, c’est-à-dire qui est attentive à ce que l’Esprit Saint lui dit à travers la vie du monde et les femmes et hommes qui l’habitent. Une Église qui n’est pas égocentrée, à son propre service, mais bien au service du monde, de tous ses frères en humanité. Une Église humble et servante du plus pauvre et du plus petit. « l’Église n’entend pas revendiquer des pouvoirs temporels mais s’offrir comme  une famille parmi les familles, – c’est cela, l’Église – ouverte pour témoigner au monde d’aujourd’hui de la foi, de l’espérance et de l’amour envers le Seigneur et envers ceux qu’il aime avec prédilection. » écrit le pape François dans Fratelli Tutti N° 276.

Je vous offre ces quelques réflexions. Qu’elles nous aident à avancer ensemble vers plus d’Espérance, de foi et d’amour, vers Noël que je vous souhaite beau, joyeux et fraternel.

 

Très fraternellement

Père Jean-Luc Barrié